12.12.2008
Notre sommeil
Nous ne pouvons vivre sans dormir, le besoin de sommeil est une loi de notre système nerveux. En certaines circonstances, l’état de veille s’impose comme dans les fêtes à danser, le travail, la surveillance d’un malade, la conduite prolongée de véhicules ou encore les soucis de projet à gros budget qui nous posent des questions d'assurance et crédit. Même si nous résistons le sommeil finit toujours par dominer notre volonté. Dans les cas de conduite qu'il s'agisse d'automobile ou de moto, le sommeil peut s'avérer être un ennemi redoutable par le danger qu'il souligne. Le sommeil est un état nécessaire au maintien de l’intégrité psychique et physique. Son rôle restaurateur a, de tous temps, été souligné comme le sommeil réparateur ou la nuit qui porte conseil. De longues insomnies et des privations de sommeil, entrainent des troubles de la personnalité, du comportement et une grave fatigue cérébrale.
L’alternance veille-sommeil est un cycle biologique fondamental que les physiologistes, les anatomistes et les biochimistes ont expliqué scientifiquement. Les plus anciennes théories accordaient le sommeil à la production d’une substance qui aurait fait dormir. Piéron chercha, au début du siècle, à en établir l’existence, par une série d’expériences, inspirées de celles de Pavlov sur les chiens. Découvrant que l’injection, à un chien normal, du liquide céphalo-rachidien d’un chien longtemps privé de sommeil entraînait un besoin de sommeil, il conçut l’existence d’une hypnotoxine, responsable de l’endormissement.
Le sommeil expérimental n’est cependant qu’un sommeil pathologique, semblable à ceux que peuvent provoquer certains troubles circulatoires, certaines asphyxies et certains dérèglements hormonaux. Il ne faut pas déduire de ces léthargies que nous dormons parce que nous sommes intoxiqués, le sommeil normal précisément permet de prévenir ces perturbations.
Les électro-physiologistes Dement et Kleitman (1937) ont mis en évidence, chez les sujets sans problèmes particuliers, des modifications caractéristiques du tracé électro-encéphalographique au cours du sommeil soit de l’endormissement à l’éveil. Le dormeur passe, semble- t-il, par quatre phases successives, les phases classiques du sommeil, du sommeil le plus léger au sommeil le plus profond, les ondes étant de plus en plus lentes.
Au cours de ce sommeil lent, apparaissent toutefois, à plusieurs reprises, comme l’a démontré Jouvet en 1960, des activités de bas voltage rappelant un tracé vigile (ondes de type alpha). Ce sommeil rapide ou sommeil paradoxal, caractérisé par des mouvements du globe oculaire, occuperait 20 à 30 % du sommeil chez l’homme, et serait le moment privilégié du rêve.
Ce sont les anatomistes Magoun et Moruzzi (1946-1949) qui ont révélé le rôle de certaines structures de l’encéphale dans la régulation de la veille et du sommeil. Avant eux, la recherche d’un « centre du sommeil » fut étudiée, allant jusqu’à localiser, dans la région du troisième ventricule, des éléments organiques responsables de certains états de somnolence (mise en lumière, en 1927, du rôle de l’hypothalamus dans les encéphalites léthargiques. Fut alors découvert l’élément central du système de la formation réticulée.
La formation réticulée composée d’un enchevêtrement de neurones et de fibres nerveuses, s’étend sur toute la longueur du tronc cérébral. Elle est un lieu de convergence des messages sensoriels et de l’influx nerveux. La possibilité d’éveiller un animal endormi en stimulant la réticulaire mésencéphalique, comme la nécessité de son intégrité pour le maintien des états de veille, conduit le savant Magoun à considérer cette vaste région comme un système activateur ascendant, acheminant des influx et éveillant vers l’écorce cérébrale. Si l’état de veille est entretenu par l’activité d’un système réticulaire activateur (S.R.A.), lui-même renforcé par l’hypothalamus, l’expérience a montré que l’état de sommeil lent est dû à la diminution de l’activité du S.R.A. (réduction des excitations sensorielles) et à l’intervention d’un système antagoniste, le système réticulaire inhibiteur (S.R.I.), localisé dans le bulbe.
Quant au sommeil paradoxal (associant des activités réticulaire et corticale intenses avec un sommeil profond et une résolution du tonus musculaire), on sait maintenant qu’il dépend du noyau réticulaire caudal (région bulbo-pontique).
La pharmacologie connaît les substances chimiques qui agissent sur ces structures et la biochimie étudie le rôle des acides aminés (action de la sérotonine dans le sommeil lent, action de la dopamine dans le sommeil rapide); car la thérapeutique du sommeil a une grande importance en psychiatrie.
Les barbituriques (hypnotiques) sont d’un emploi courant dans le public, trop courant; leur usage doit être soumis aux indications d’un médecin traitant. Une hygiène du sommeil s’impose à celui qui cherche équilibre et harmonie. Elle suppose certaines conditions matérielles, un nombre minimum d’heures de sommeil quotidien, un rythme régulier. La vie moderne par le rythme de travail et de vie qu'elle impose, il faut le reconnaître, hélas, ne s’y prête guère!
17:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : repos, sommeil, détente, loisir, nuit



